Ma to doux liste du premier trimestre 2010

C’est la rentrée, et l’agenda partagé du staff nous le rappelle qu’il faut se remettre en selle maintenant. Essayons par bien commencer la nouvelle année en prenant soin de ne plus répéter les mêmes erreurs que par le passé, c’est à dire rater des festivals et évènements importants qui peuvent jouer sur notre activité et que nous aurions du y participer (Festival 4 Ecran, 48h Film Projet, appel à projet Nouvelle Trilogie Canal Plus, entre autre). Désormais, le planning est mis à jour; tous ces festivals et évènements sont renseignés dans l’agenda, avec un rappel de plusieurs jours, voir semaine avant. 2010, on va pas te rater ^^. Alors, au menu de ce premier trimestre 2010, qu’est ce qu’il y a?

En tant que producteur

Le premier trimestre 2010 est déjà chargé en évènement important pour l’avenir de notre jeune start up. Tout d’abord, nous avons répondu à un appel d’offre de France Télévision qui recherchait des fictions pensées et écrites pour du multi écrans (transmedia); certaines de nos séries ont été crées dans cette optique de narration multiple autour d’un seul univers. Maintenant, on attend une réponse (croisons tous nos doigts).

Ensuite, il y a les dossiers CNC pour les projets transmedias à boucler avant le 22 janvier (soit dans 15 jours). La rédaction et la mise en forme d’un dossier (donc pour un projet) prend pas mal de temps; nous envisageons d’en déposer au moins 3 (ou 4 si on est fou). Pour ceux et celles qui ne connaissent pas le CNC, il s’agit d’un organisme d’aide à la création visuelles, sonore, audiovisuelle et cinématographique, incontournable pour toutes les sociétés de productions et auteurs français. Mais ces dossiers ne sont pas à la portée de tous: lorsque j’étais sorti de l’école et que j’ai commencé à m’y intéresser, j’ai très vite abandonné en voyant ce qui était demandé (beaucoup de rédactions à faire, notamment les différentes notes d’intentions artistiques, savoir faire un devis pour une oeuvre audiovisuelle ou cinématographique, etc…). Aujourd’hui, ca me provoque toujours un cheveux blanc, mais cela me parait plus accessible : comme quoi, vieillir mûrir bander moins longtemps le matin avoir de l’expérience, cela a du bon. Bien que je m’improvise, par la force des choses, producteur (ANNONCE SUBLIMINALE: fait qu’un jour, un producteur s’occupe de moi pitié, j’en peux plus de la paperasse), certains aspects de la production me parait plus clair en étant à l’intérieur même d’une société de production (oui, cela tombe sous le sens, mais peu d’auteurs réalisateurs se trouvent dans ma situation). Du coup, il y a certains aspects de mon travail de scénariste et réalisateur qui ont été changé; il faut en effet que je prenne en considération mon troisième “moi”, le producteur, celui qui me rappelle “trop cher, pas assez dynanique, moins de plan long et fixe, plus de zoom sur ses roberts, etc…”. J’écris et réalise en me souciant désormais du confort du spectateur: énorme. Plus de contraintes certes, mais à la clé, une oeuvre peut être plus accessible, voir plus créative: finalement, avoir un producteur qui te met des battons dans les roues et qui te demande de remettre en question ton travail (et surtout ton égo), c’est pas si mal que cela au final. Enfin, pour moi, j’ai l’impression de mieux optimiser mon travail de scénariste et de réalisateur. Je crois que n’importe producteur adorerait travailler avec moi:  un scénariste et réalisateur qui accepte avec le sourire de prendre en considération les conseils et recommandations de son producteur, c’est pas tous les jours qu’on voit ça (ANNONCE SUBLIMINALE 2: producteurs contactez moi! brice-point-duan-arobase-gmail-com ).

En tant que scénariste et réalisateur

Il y a plusieurs concours de création sur lesquels nous allons participer. Il y a deux concours sur Eyeka (un sur le thème de la diversité et un autre sur l’hybride). Celui de la diversité m’intéresse beaucoup; c’est un combat personnel. Quand vous voyez le casting Dexter ou Mentalist, et celui de toutes les séries françaises depuis la nuit des temps, vous voyez tout de suite qu’il y a un petit souci de diversité. Aux Etats Unis, un acteur typé africain ou asiatique peut jouer un américain; en France, il joue soit un dealer de drogue qui rappe dans une cave, soit un clandestin chinois qui tient un restaurant thailandais. Je caricature, mais je ne suis pas très loin (même s’il y a eu des initiatives pour faire avancer les choses depuis quelques années). Passons, mais cela doit changer un jour ou l’autre d’une manière significative (j’espère de mon vivant).

Il y a aussi un appel à projet concernant les dangers de l’alcool pour les jeunes. Le cahier des charges étant de faire un film court d’horreur, nous allons donc y participer ^^ (l’horreur, on aime ça). Quelques idées de scénario et de mise en scène ont été déjà échangées.

Enfin, il y a le pilote de Pandemonium Eyes qu’il faut préparer et tourner. Un premier jet du scénario a été rédigé (bien qu’il me reste pas mal de scènes et dialogues à peaufiner), le casting pour le rôle d’Alida commence la semaine prochaine, des tests de prises de vue sont programmés pour également la semaine prochaine. Concernant le tournage de cet épisode, il sera le plus compliqué que nous ayons pu faire jusqu’à présent, car non seulement, il sera tourné en anglais (beaucoup de répétition avec un coach en perspective), mais il y aura aussi un travail important en post production (incrustation, effets spéciaux, etc…) qu’il faudra penser et planifier à la prise de vue.  Et tout cela en quelques semaines (tournage prévu en février), car nous souhaitons pouvoir diffuser le pilote pour le MIP TV (le marché international des contenus audiovisuels et numériques) prévu en avril 2010. C’est ça la production; ce que nous faisons maintenant ne portera ses fruits que dans quelques mois.

A vu d’oeil, la to do list me parait improbable. Mais la devise de CreaFactory, c’est “On ne savait pas ce que c’était impossible” (ou c’est peut être ma devise que j’impose aux autres???).

PS: n’oubliez pas de twitter, facebooker, digger, linkediner etc… l’article si vous m’aimez un peu! Ca peut jouer sur ma carrière ^^.

Le marché international des contenus audiovisuels et numériques

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5 Responses to “Ma to doux liste du premier trimestre 2010”

  1. Christophe Fantoni says:

    Brice, Brice, Brice… quand même. Rédiger des dossiers pour le CNC, ce n’est tout de même pas la mer à boire. Si ? Je te rappelle que tu es un auteur et qu’un auteur, par définition, ça écrit. Non. En réalité, ça aime écrire. Personnellement, j’ai déjà déposé plusieurs projets au CNC, dont un qui a été présélectionné en 2006. (en plus, c’était mon tout premier… si, si… comme quoi, je devais peut-être avoir ça dans le sang) Tout ce que je peux te dire, c’est que plus tu prends du temps à rédiger ton dossier, plus ça se voit. Un conseil cependant : si tu as des parties artistiques à intégrer dans ton dossier, fais les faire par les artistes en question. Par exemple, si tu souhaites intégrer un story-board (qui est le document le plus souvent demandé), passe directement par le story-boarder. Ne t’improvise surtout pas story-boarder, car c’est le meilleur moyen de te faire griller. En effet, le CNC fait évaluer chaque partie de tes dossiers par des professionnels en activité. (ton scénario sera évalué par un scénariste, ton story-board sera évalué par un story-boarder, ton dossier purement administratif sera évalué par les gentilles dames du secrétariat, etc) Ensuite le CNC donne son jugement en fonction des synthèses qu’il a reçues et rarement en fonction de ton dossier puisqu’ils n’ont pas — en interne — les compétences pour le juger. Pour finir, si je devais te synthétiser ce que tu dois retenir : fais rédiger toutes les parties de tes dossiers par les professionnels concernés (scénariste, réalisateur, etc) et réserve-toi uniquement la partie comptable et administrative. Tu verras, la vie te semblera soudainement plus rose.

  2. Brice Duan says:

    Je suis plus à l’aise avec l’écriture de synopsis (chose que je fais toujours en premier avant d’attaquer le scénario) que l’écriture du scénario en lui même, qui requiert une méthodologie et une approche technique de la mise en scène.
    Après, comme la plupart de mes comparses, je crois qu’on a tous un peu du mal à “vendre notre projet”; c’est ce qui est principalement demandé dans les dossiers CNC. Je ne parle pas de l’aspect commercial, mais dans le sens d’intéresser et mettre en avant les qualités et l’originalité. C’est le travail du producteur, qui lui a du recul sur le projet en lui même. Ici, les auteurs sont également les producteurs, d’où le manque de recul et d’objectivité qu’on risque d’avoir. Peu d’auteurs réalisateurs aiment ce qu’ils font (c’est un peu pareil pour les acteurs/actrices); on préfère toujours parler des travaux des autres. Maintenant, ce qui doit être fait sera fait. Mais cela nous reste assez pénible, dans le sens où ce n’est pas notre premier métier, ni notre aspiration.
    Concernant l’illustration graphique (storyboard), je vais faire simple: on n’en a pas. En même temps, on n’a pas vraiment chercher, ni eu besoin sur les tournages des pilotes et du teaser (bien qu’un découpage technique a été fait à chaque fois). Tout ce que nous avons actuellement, c’est des illustrations audiovisuelles (bandes annonces et teasers), que nous allons intégrer dans le dossier. Une illustration audiovisuelle (c’est à dire une vidéo tournée, montée, photographiée, étalonnée, mixée, avec un premier casting mis en scène) devrait jouer, je l’espère sincèrement, son rôle de plus-value pour le cadre des dossiers CNC.

  3. Christophe Fantoni says:

    Brice,

    La majorité des films ou des séries faisant appel à des effets spéciaux, même basiques, passent automatiquement par un story-board. Ne pas en faire un, même si on ne store-boarde au final que les scènes clés, c’est se tirer une balle dans le pied… surtout lorsqu’on défend comme toi les séries dites de genre. (horreur, SF, fantasy, fantastique, etc.) De plus — et c’est dommage de ne pas y penser —, cela permet de générer du contenu pour un livre, un DVD ou même un Bluray. Dommage de ne pas y penser avant.

    Après cela dépend du genre de SFX, bien évidemment. C’est sûr qu’avec quelques effets de sang, des masques en latex, et autres effets de mise en scène basiques, mais efficaces (effet d’ombre par exemple), le story-board peut s’avérer complètement facultatif. Personnellement, je ne travaille qu’en image composite, où mes plans ne sont pas que penser en largeur, mais aussi en profondeur (par couche). Voilà pourquoi je suis si attaché au story-board.

    Sinon, dans une autre vie, j’ai aussi été commercial : du VRP de base, en passant par le vendeur en magasin, par téléphone, ou par internet, etc. Ceci expliquant sans doute pourquoi je n’ai aucune difficulté à vendre aux autres mes propres projets, voire éventuellement ceux des autres. La seule condition : que j’y crois ! Sans cela, point de salut… même pour le meilleur des vendeurs.

  4. Brice Duan says:

    En fait, j’ai fait les storyboardz en 3D basique (valeur de champ et positionnement des acteurs dans l’espace). Je ne sais pas si cela a une quelconque valeur “visuelle”, vu que la commission aura en possession le rendu final (teaser et bande annonce, voir pilote). Tu en penses quoi?

    Pour la suite, notamment, pour Mystery Squad, il nous faudra des illustrations graphiques; de même que pour Pandemonium Eyes (costumes, décors, etc…). Trouver un storyboardeur sera une de nos priorités très rapidement.

  5. Christophe Fantoni says:

    Les story-boards dont on parle sont les mêmes que ceux qui accompagnent parfois les bonus des DVD. On y retrouve la composition et la largeur du plan, la mise en scène, les costumes, et bien d’autres bricoles du même genre. A la rigueur, je dois en avoir quelques uns en version électronique (comme celui du Labyrinthe de Pan par exemple) Je peux t’en fournir des copies électroniques en guise de modèle si tu le désires. Pour finir, mon collegue story-boarder est prêt à m’accompagner lors de notre prochaine rencontre, sachant que la signature est quelque chose d’aussi important pour lui que pour moi.

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