Voila. C’est fait. Un premier janvier, je suis un peu stone. En espérant que 2008 soit aussi riche que 2007. Au fait, bienvenue sur mon blog.
Je m’appelle Brice Duan et je réalise. Un documentaire, trois films courts, dont deux avec mon comédien fétide. Non, fétiche, faute de frappe. Roland Agami. Un comédien avec beaucoup d’esprit et d’humour. On peut le trouver sur myspace.
Pourquoi la réalisation? J’ai acheté mon diplome homologué de technicien audiovisuel il y a 3 ans et demi. 15000 euros. Le double si on compte logement, nourriture, transport sur Paris. Encore un provincial qui squatte la ville de lumière.
Qu’aurais je pu acheter avec 30 000 euros? Une voiture, quelques belles vacances au Pacifique, des fringues de cadre. Cela aurait pu correspondre aussi à un bon apport pour l’achat d’un appartement. J’aurai pu monter ma propre société et louer des stagiaires surdiplômés pour faire mon taf, en échange de quelques tickets restos.
Non, j’ai dépensé cette somme pour un diplôme qui m’a apporté… du boulot bénévole. Beaucoup de boulots… bénévoles. Avec d’autres bénévoles. En fait, on est une armée de bénévoles. Ya aussi des rencontres avec des trous de balle. Une armée de trous de balle. Beaucoup de mythos fils de papa, qui veut se débrouiller seul dans la vie, mais avec l’argent de papa quand même faut pas déconner. Mais quelque fois des rencontres uniques aussi, Frédéric Bourgeaud (la moitié d’Asahi Films, une bonne moitié, j’en reparlerai). C’est bien beau tout ça, mais cela ne permet pas de payer son loyer, même pas sa carte orange c’est vous dire. Faut dire que j’ai refusé de sucer au figuré et de me faire exploiter. Une croix et j’assume. Heureusement que j’ai encore les reins pour choisir et assumer. On en reparlera dans 10 ans.
Avec du recul, je peux affirmer qu’il faut être solvable pour travailler dans LE CINEMA. Bénévolat, c’est un métier pour la jeunesse dorée. J’exagère, mais la fiction est tellement réelle parfois… N’empêche, même bénévole, c’est vrai quand cela impressionne quand on dit “Je suis dans le cinéma”. Regardez bien les réactions des gens lorsqu’on vous demande ce que vous faîtes dans la vie (par contre, c’est suicidaire de le dire à son banquier, sauf si vous faîtes parti des 5% des intermittents qui paie l’ISF). De même que pour “Je suis un réalisateur” “Je suis comédien”, ça le fait. Avec la maturité, on rectifie un peu son tire “Je suis un réalisateur en apprentissage”, “Je suis réalisateur, mais que de films courts pour le moment”, “J’essaie d’être dans la réalisation”, “Je suis, on peut dire, un réalisateur qui attends sa tribune libre”. Pour terminer enfin sur “J’ai fait quelques films courts, ils sont en rien révolutionnaire, mais je suis allé au bout de mes idées, j’ai fait de mon mieux avec les moyens et savoir du bord. Les films reflètent une personnalité, une sensibilité et une vision du monde. Si mes films vous parlent, je suis ouvert pour en parler, aussi bien sur ce blog qu’autour d’un café crème sur Paris.
Ah tiens, j’entends une question au fond. Pourquoi un blog? Pour deux raisons. J’espère rencontrer d’autres passionnés (du milieu ou pas) qui souhaite construire. Un film, une maison, une famille… Peu importe. Construire à plusieurs ce qu’on a en commun. Une passion, une idée, une grillade un jour d’été. Pour survivre dans cet univers un peu western ou défraiement a remplacé rémunération, mieux vaut savoir s’entourer de semblable.
La deuxième raison? Intéresser un producteur, ou intéresser deux associés pour monter ma propre SARL de production. J’ai les statuts rédigés, manque plus que les deux noms à remplir.
Voilà. Vous savez presque tout. Sinon, allez au cinéma. Je vous conseille “La nuit nous appartient” par exemple.