Archive for January, 2008

Le dernier Ang Lee, LUST CAUTION

Ceux qui connaissent la filmographie du réalisateur peuvent se ruer sur sa dernière oeuvre; Ang Lee nous prouve encore à travers ce film sa maitrise de la mise en scène et du détail. Tony Leung change de registre, jouant un rôle d’un tortionnaire froid et ambitieux. La jeune Tang Wei a sans aucun doute le meilleur rôle dans le film. Son personnage peut etre à la fois naif, et effroyablement cruelle dans son hypocrisie et dans sa manipulation. Sous son visage de petite fille, se cache une femme sait obtenir ce qu’elle veut, quitte à payer de sa personne. Je trouve cruel de la part d’Ang Lee d’avoir judicieusement choisi pour ce rôle un visage aussi tendre. D’habitude, la luxure est souvent incarnée par des comédiennes au physique de femme fatale; ici, on est pris à contre pied, ce qui rend le personnage jouée par Tang Wei aussi fascinant.

La narration du film peut rebuter certains néophytes; la mise en place du lieu et de l’action prend la première heure du film. Certains personnages sont à peine esquissé, pour laisser la dramaturgie aux deux roles principaux/ L’affiche et bande annonce du film ont peu à voir avec le film; ce n’est pas un film sur la luxure, mais sur le déni de soi pour une cause (juste ou injuste peu importe).

Je terminerai sur un dernier point; pour un film asiatique, certaines scènes vont très loin. Un début d’émancipation vous allez me dire? En Chine, les séquences sulfureux sont passées à la trappe… La vertu prime encore sur l’art dans certains pays!

Une journée pour myspace

J’ai passé toute la journée pour mettre à mon jour mon profil myspace. Il faut s’y connaitre en html… Et c’est pas évident pour un néophyte. Heureusement que j’ai un ami qui m’a expliqué les bases. De plus, avec tous les forums d’entre-aide et les tutoriaux sur le net, on finit presque toujours à trouver la solution de notre problème.

Pendant que je faisais des tests de compression sur mon premier film court, le Poids des Morts, je me suis dit qu’il mériterait une nouvelle bande sonore, un nouveau étalonnage et surtout un nouveau montage. Oui, ce premier film, il a les défauts du premier film, réalisé ici par un étudiant qui sortait d’école. J’avais 22 ans, plein d’énergie (sic), j’étais pauvre (comme tout étudiant qui sort d’école lol), mais extrêmement confiant sur mon avenir une fois ce premier court en boite. Naif, exité (trop même lol), prétentieux, immature, terriblement angoissé, trop pressé… Comme un puceau quoi. Cependant, j’avais déjà co-réalisé plusieurs petits films d’étudiant (dont deux avec des comédiens), donc j’avais un peu d’expérience sur le tournage en lui même. Ce qui est différent cette fois ci, c’est l’écriture, seul, sans cahier des charges, un jeune auteur réalisateur livré à soi même. Mais il a fallu quand créer une structure juridique pour pouvoir tourner, les autorisations de tournage et les locations de matériel ne peuvent se faire sans boite de production ou association. Donc, j’ai co-fondé avec Frédéric Bourgeaud l’association loi 1901, Asahi Films. Un an s’est passé entre le scénario fini et la copie finale du film. Le film a été projeté dans un bar/restaurant dans le 20ème je crois. Il y avait à peu près une cinquantaine de personne, dont une quinzaine qui avait participé au tournage du film. Le film a plu quelques personnes, certains ont trouvé que les comédiens étaient bon (et ca, j’en suis très fier), que la photo était sympa (en gros, ils se sont ennuyés), d’autres par politesse ont trouvé la bande originale… originale… Quoi qu’il en soit, Le Poids des Morts, comme tout premier film, il regorge d’erreurs dues à la précipitation et à l’immaturité du moment… On a tous connu ça dans notre vie… C’est pourquoi j’ai envie de lui donner une deuxième carrière au film. J’affirme haut et fort que le film sera rénové! Par contre, cela prendra du temps, enfin, de mon temps libre quand je ne travaille pas pour payer mon loyer. Hélas, la réalisation, à ses débuts, ne génère bien pas grand chose, à part des factures et des frustrations.

Inauguration de mon blog

Voila. C’est fait. Un premier janvier, je suis un peu stone. En espérant que 2008 soit aussi riche que 2007. Au fait, bienvenue sur mon blog.

Je m’appelle Brice Duan et je réalise. Un documentaire, trois films courts, dont deux avec mon comédien fétide. Non, fétiche, faute de frappe. Roland Agami. Un comédien avec beaucoup d’esprit et d’humour. On peut le trouver sur myspace.

Pourquoi la réalisation? J’ai acheté mon diplome homologué de technicien audiovisuel il y a 3 ans et demi. 15000 euros. Le double si on compte logement, nourriture, transport sur Paris. Encore un provincial qui squatte la ville de lumière.

Qu’aurais je pu acheter avec 30 000 euros? Une voiture, quelques belles vacances au Pacifique, des fringues de cadre. Cela aurait pu correspondre aussi à un bon apport pour l’achat d’un appartement. J’aurai pu monter ma propre société et louer des stagiaires surdiplômés pour faire mon taf, en échange de quelques tickets restos.

Non, j’ai dépensé cette somme pour un diplôme qui m’a apporté… du boulot bénévole. Beaucoup de boulots… bénévoles. Avec d’autres bénévoles. En fait, on est une armée de bénévoles. Ya aussi des rencontres avec des trous de balle. Une armée de trous de balle. Beaucoup de mythos fils de papa, qui veut se débrouiller seul dans la vie, mais avec l’argent de papa quand même faut pas déconner. Mais quelque fois des rencontres uniques aussi, Frédéric Bourgeaud (la moitié d’Asahi Films, une bonne moitié, j’en reparlerai). C’est bien beau tout ça, mais cela ne permet pas de payer son loyer, même pas sa carte orange c’est vous dire. Faut dire que j’ai refusé de sucer au figuré et de me faire exploiter. Une croix et j’assume. Heureusement que j’ai encore les reins pour choisir et assumer. On en reparlera dans 10 ans.

Avec du recul, je peux affirmer qu’il faut être solvable pour travailler dans LE CINEMA. Bénévolat, c’est un métier pour la jeunesse dorée. J’exagère, mais la fiction est tellement réelle parfois… N’empêche, même bénévole, c’est vrai quand cela impressionne quand on dit “Je suis dans le cinéma”. Regardez bien les réactions des gens lorsqu’on vous demande ce que vous faîtes dans la vie (par contre, c’est suicidaire de le dire à son banquier, sauf si vous faîtes parti des 5% des intermittents qui paie l’ISF). De même que pour “Je suis un réalisateur” “Je suis comédien”, ça le fait. Avec la maturité, on rectifie un peu son tire “Je suis un réalisateur en apprentissage”, “Je suis réalisateur, mais que de films courts pour le moment”, “J’essaie d’être dans la réalisation”, “Je suis, on peut dire, un réalisateur qui attends sa tribune libre”. Pour terminer enfin sur “J’ai fait quelques films courts, ils sont en rien révolutionnaire, mais je suis allé au bout de mes idées, j’ai fait de mon mieux avec les moyens et savoir du bord. Les films reflètent une personnalité, une sensibilité et une vision du monde. Si mes films vous parlent, je suis ouvert pour en parler, aussi bien sur ce blog qu’autour d’un café crème sur Paris.

Ah tiens, j’entends une question au fond. Pourquoi un blog? Pour deux raisons. J’espère rencontrer d’autres passionnés (du milieu ou pas) qui souhaite construire. Un film, une maison, une famille… Peu importe. Construire à plusieurs ce qu’on a en commun. Une passion, une idée, une grillade un jour d’été. Pour survivre dans cet univers un peu western ou défraiement a remplacé rémunération, mieux vaut savoir s’entourer de semblable.

La deuxième raison? Intéresser un producteur, ou intéresser deux associés pour monter ma propre SARL de production. J’ai les statuts rédigés, manque plus que les deux noms à remplir.

Voilà. Vous savez presque tout. Sinon, allez au cinéma. Je vous conseille “La nuit nous appartient” par exemple.

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